Le Roi est mort ! Vive le Roi !
C'est dingue comme la mort peut rendre les gens hypocrites et malsains. Hier encore, on aimait détester le "King of Pop", Michael Jackson.
Parce que trop populaire, trop blanc, trop bizarre, trop proche des enfants, trop mort-vivant sans doute.
Et aujourd'hui, j'ai le sentiment profond qu'une sournoiserie mondiale, du moins pour une bonne partie de la population, a envahi la planète.
J'ai lu les réactions d'un chanteur qui déplorait la disparition de l'interprète de "Scream", en mettant le doigt sur cette même hypocrisie alors que j'ai été témoin, lors d'une émission radio que nous avions faite ensemble, de critiques assez vives de la part de ce même chanteur, hors antenne, vis-à-vis de Jackson.
Who's Bad ?
Le monde commémore donc le souvenir de l'homme dans le miroir, tout en oubliant de se regarder lui-même dedans.
On chante "Billie Jean", "Thriller" ou "I want you back" dans les rues, comme si la carrière de Michael s'était arrêtée en 1984. Preuve s'il en est, qu'une large partie de ces gens n'ont sans doute jamais écouté les "Dangerous", les "Invincible" ou autre "HIStory" qui,sans égaler, certes, l'album le plus vendu de l'histoire de l'industrie du disque, valait plus que le détour. Si j'en crois les 15 premières ventes sur le site amazon le jour de l'annonce de la mort de Michael Jackson, la chose est sans doute en train de se réparer.
It's too late to change the time.
La planète est sans doute en train de se rendre compte qu'elle a perdu l'un des artistes les plus brillants qui soit. Sans doute, car il restera toujours dans l'esprit des gens, le côté obscur du personnage qui n'a pas aidé, il est vrai, Jackson à imposer d'autres opus que "Off the Wall" ou "Thriller" pour la plupart d'entre eux.
Les plus obtus ne retiendront que les aspects négatifs du personnage avec, comme point culminant, les accusations de pédophilie portées contre lui en 1993 et 2003.
Peut-être serait-il bon de se pencher aujourd'hui sur deux témoignages.
Jordie Chandler, par exemple, la principale "victime" (?) dans la première affaire qui si l'on en croit certaines sources, avoue avoir menti à cette époque, alors qu'il était âgé de 13 ans.
Extrait : "I never meant to lie and destroy Michael Jackson but my father made me to tell only lies. Now i can’t tell Michael how much i’m sorry and if he will forgive me.Now for the first time i can’t bare to lie anymore. Michael Jackson didn’t do anything to me, all was my father lies to escape from being poor."
En ce qui concerne la seconde accusation, je vous renverrais au livre d'Aphrodite Jones "Le complot contre Michael Jackson" (éditions Music & Entertainment Books)
L'auteure, qui a eu accès, avec l'accord du juge, aux pièces à conviction ainsi qu'aux transcriptions de ce qui s'est dit en 2005, dépeint avec beaucoup de professionnalisme, et bien loin de la presse people, une synthèse approfondie de ces accusations. Elle ne pose aucun jugement et expose simplement les faits et témoignages de ce que d'aucun ont appelé le procès du siècle. En refermant le livre, impossible de douter encore sur l'innocence de Bambi.
Make ma wanna Scream.
Le Roi est mort ! Vive le Roi !
Sans doute cette mort est finalement utile, comme un chemin nécessaire, pour venir briller aux panthéons des légendes trop tôt diparues.
Elvis Presley, John Lennon, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Bob Marley ou encore Kurt Cobain pour ne citer qu'eux.
Mais force est de constater que Michael Jackson avait une longueur d'avance. Ce n'est pas seulement un dieu de la musique qui s'en est allé brutalement, mais aussi, et surtout, une divinité de l'image sous toutes ses formes. Il en a sans doute joué à outrance, remodelant sans cesse sa propre image, à l'instar de l'évolution de ses clips. Un véritable mutant des temps modernes, une icône à part entière, l'un des plus grands artistes que la planète ait connu.
Encore faut-il savoir de quelle planète il s'agit.
Gone too soon...